|
 |
 |
 |
> Bienvenue sur Le Chineur.fr, le Portail des Chineurs et des Collectionneurs |
 |
 |
|
La restauration de céramique : Comme par magie…
Depuis 1980, faïence, porcelaine, terre cuite… n’ont plus de secrets pour Jacqueline et Jean-Claude Guillemot, restaurateurs à Paris. Ils ressuscitent les objets pour leur donner une seconde vie. Entretien avec Jean-Claude Guillemot
Pouvez-vous nous parler de votre métier ? Faut-il une formation spéciale ? Que réparez-vous dans vos ateliers ? Quels sont les matériaux les plus faciles à réparer ? Pouvez-vous nous présenter les différentes étapes de la restauration d’un objet ? Quelle est l’étape la plus délicate ? Pouvez-vous donner à nos lecteurs des fourchettes de prix pour de réparations objets ? Quelles sont les réparations les plus fréquentes ? Quand un objet est-il irréparable ? Avez-vous réparé des objets à histoire ou à anecdotes ? Pouvez-vous donner à nos lecteurs quelques conseils basiques pour bien entretenir leurs objets ?
<- CORP TEXTE DE VOTRE ARTICLE -> Pouvez-vous nous parler de votre métier ? Faut-il une formation spéciale ?
M. Guillemot : Aujourd’hui, il faut absolument une formation. Les jeunes sont très forts pour reconnaître une signature ou une époque. Nous, les artisans, nous sommes des manuels plus que des intellectuels. Ma femme et moi avons fait une formation au musée de Sèvres. Mais nous apprenons tous les jours, sur chaque travail. Le métier m’est venu tout naturellement et ça a débuté très fort, je ne m’en plains pas !
Que réparez-vous dans vos ateliers ?
Nous réparons tous les objets en faïence, terre cuite, porcelaine, biscuit, en fait tout ce qui est en céramique. Nous réparons uniquement les objets de décoration et non les objets utilitaires.
Quels sont les matériaux les plus faciles à réparer ?
Il n’y a pas de matériaux plus faciles à travailler. Il faut de la patience, de la maîtrise. Plus c’est compliqué, plus j’en tire de la satisfaction. Par exemple, en ce moment, j’ai à l’atelier une vierge de 20 - 25 cm, cassée en 100 morceaux, il nous sera tout à fait possible de la réparer.
Pouvez-vous nous présenter les différentes étapes de la restauration d’un objet ?
J’évalue le temps passé et je propose un devis au client. La première opération, peut-être la plus importante, est le nettoyage de la pièce. Ensuite, je ne vous dévoilerai pas mes petits secrets. Ce qu’il faut savoir, c’est que toutes les opérations sont importantes, si on rate, une opération à un stade de la réparation, on peut tout faire rater. Aujourd’hui, la déontologie du métier veut que la restauration soit réversible car les techniques de la restauration évoluent.
Quelle est l’étape la plus délicate ?
Toutes les étapes sont plus délicates les unes que les autres. Il faut du temps et de la patience pour bien faire le travail.
Pouvez-vous donner à nos lecteurs des fourchettes de prix pour de réparations objets ?
C’est très difficile. Le critère est le tarif horaire, à savoir 300 F/350 F. J’ai la chance d’avoir des clients amateurs, et amoureux de leurs objets. Je rencontre rarement des problèmes car ils connaissent la valeur du travail effectué.
Quelles sont les réparations les plus fréquentes ?
Je répare tout, excepté les objets domestiques. Aujourd’hui, j’ai dans l’atelier, des vases d’église, un bouddha, une barbotine…
Quand un objet est-il irréparable ?
Un objet est toujours réparable, c’est une question de temps et de prix.
Avez-vous réparé des objets à histoire ou à anecdotes ?
Un jour, un jeune homme de 30-35 ans m’apporte une statue de plâtre en plusieurs morceaux. Il me raconte que c’est lui, âgé de 2 ans qui l’a cassée. Elle est tombée à quelques centimètres de sa tête, manquant de lui faire très mal. Plus de 30 ans plus tard, il a retrouvé ces morceaux et voulait absolument reconstituer cette statue. Il n’est vraiment pas rancunier !
Pouvez-vous donner à nos lecteurs quelques conseils basiques pour bien entretenir leurs objets ?
Il faut absolument éviter l’eau chaude, et les sources de chaleur ainsi que le lave-vaisselle. Un objet doit être toujours laver très délicatement au savon doux, voir épousseter. Il faut mettre les objets au jour, contrairement à ce que l’on croit, le noir blêmit les couleurs.
Valérie Le Boudec Article extrait du Chineur N° 25 – Novembre 1999
|
|
|
|
 |
|
 |