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Didier Sittre, collectionneur de buvards de pub
L’amour du vieux papier et de la réclame ancienne, mais aussi son intérêt pour l’histoire populaire de la IVe République, a conduit Didier Sittre à collectionner les buvards. A la tête de 24 000 pièces, il détient un patrimoine beaucoup moins anecdotique qu’il n’y paraît de prime abord, car le buvard est bavard : il raconte l’histoire de l’homme si on sait lire entre les lignes...
Une tâche qui s’étend… Un réseau d’échange entre collectionneurs Sachez lire vos buvards! <- CORP TEXTE DE VOTRE ARTICLE ->
 Reynolds : L'apparition du stylo à bille (Bic, Reynolds,…) a " tué " le buvard publicitaire. La confirmation est donnée par cette remarque écrite directement sur ce support et qui précise que " L'encre PAPERSEC rend ce buvard… inutile ".Une époque était désormais révolue…
 EDF (électricité pas chère) : Imprimé en 1956 par la SODEL (société chargée de réaliser des objets promotionnels pour le développement de l'électricité).
 Vache qui rit : La " Vache qui rit " a fait imprimer de nombreux buvards. Benjamin Rabier a assuré l'illustration de ceux-ci. Notons que pour un même buvard on pourra retrouver des textes différents. Un peu plus tard, 9 séries de 10 buvards chacune ont été imprimés (les métiers, le cirque, les découvertes, les transports, les duels, les travaux d'Hercule, la navigation, les animaux, les forains.) Les nombreuses variantes portant sur ces 9 séries sont également très recherchées par les collectionneurs.
 Kiwi : Les buvards sont de toute taille. S'ils sont souvent d'un format rectangulaire, ils peuvent parfois avoir des formes surprenantes…
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Une tâche qui s'étend…
" C'était il y a 12 ans, à la fin d'un repas de famille ", raconte Didier Sittre, " mon père, qui ne jette rien, a ressorti un de ses anciens cahiers d'école : à l'intérieur, il y avait un buvard qui datait de 1941, imprimé par le Ministère de la Guerre avec une publicité de la Biscuiterie Française. Il me l'a donné et j'ai été saisi par le virus. J'ai une grande famille, tout le monde s'est mis en quête de buvards pour moi. " Suivront les amis, les associations de Montbéliard pour lesquelles Didier s'investit, tandis qu'il continue avec son épouse, de chiner aux puces et brocantes de France et de Navarre... Aujourd'hui, Didier a dû construire une extension à sa maison pour pouvoir vouer une pièce entière à sa collection; d'autant qu'au fil de ses balades, il l'a étendu à l'univers des salles de classe : protège-cahiers, plumes...
Un réseau d'échange entre collectionneurs
Un énorme travail de classement occupe Didier régulièrement. Pourtant, " on trouve de moins en moins de buvards, regrette-t-il. Il s'en détruit tous les jours sans que les détenteurs sachent que nous existons ! " Alors, un réseau de collectionneurs s'échangent leurs pièces en double plutôt que de les vendre. " Nous sommes entre vingt et trente en France à posséder plus de 10 000 buvards et nous nous en envoyons régulièrement. Parfois, nous nous retrouvons sur les mêmes lieux de chine! " Il y a les collectionneurs acharnés ou ceux qui préfèrent les thèmes, sélectionnant tout sur la bière ou la moutarde; certains sont nostalgiques d'une région et glanent ce qu'ils peuvent trouver sur le lieu; d'autres cherchent la pièce rare : les buvards les plus anciens ou ceux avec des réclames sur Banania, l'absinthe, la bière, très collectionnés, donc difficiles à dénicher...
Sachez lire vos buvards!
Les plus petits marchent au " coup de cœur. " Didier Sittre, lui, fait plutôt parti des acharnés, craquant indifféremment sur des buvards avec illustrations pour le chocolat Suchard, EDF, les compagnies d'assurances, des laboratoires ou pour une marque d'amidon, à condition que l'illustration soit belle, originale ou drôle : " Après-guerre, tout le monde éditait son buvard pour vanter sa marchandise, jusqu'à l'épicier du coin. J'ai même un buvard lancé par un curé qui voulait réparer son clocher… " Son buvard le plus ancien date de 1888 et le plus original a la forme du Kiwi, l'animal emblème de la fameuse marque de cirage. Enfin, il avoue un faible pour un buvard spécialement édité pour l'emprunt de 1914. Mais sentimentalement, c'est dans l'encre qui marque encore les buvards que peut se lire notre mémoire : anti-sèches, courriers d'Etat, lettres d'amour, le buvard, tenu par des mains illustres ou plus anonymes, a séché plus d'une page inscrite dans l'histoire de l'humanité...
Article extrait du Chineur n°59 paru en septembre 2002 et écrit par Dominique Jacquemin Retrouvez les coordonnées de Didier Sittre, collectionneur.
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