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La passion des Super-Héros
Superman, Batman, Spiderman ou l’Incroyable Hulk ? Bien sûr vous les connaissez ! Depuis plus de soixante ans, ces Super-Héros symbolisent la bande dessinée américaine. Traduits tardivement en France, les «comics books» et leurs aventures séduisent de plus en plus de collectionneurs. Tous à vos bat-capes ...
Des «Funnies» au «Super-Héros» Superman à la rescousse ! «Violence, perversion sexuelle et irrespect à l'égard de la Loi et de l'Ordre» Nouvelles contraintes, nouveaux concepts La fin de l’innocence Les éditeurs français Supports plus luxueux
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 Superman - Action Comics Tiny Folio «Featuring the complete covers of the first 25 years»
 Batman géant n°5(09/67)
 Strange n°24, 1967
 L’homme de pierre, «The Thing» des Fantastic Four
 Superman et Batman n°1 (09/67)
 Captain America (1° série) n°2 (2° trim. 1979)
 X-Men (Lug/Semic) n°2 (3° trim. 1983)
 Les nouveaux héros des Comics à l’esthétisme et à la psychologie plus sombres |
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Des «Funnies» au «Super-Héros»
Dès 1892, Swinnerton crée Little Bears and Tigers pour le San Francisco Examiner. C'est le premier exemple d'une bande dessinée de presse. Il est le précurseur des «Funnies» qui pendant trente ans vont occuper les cases des «Sunday Comics» américains. Katzenjammer Kids (Pim Pam Poum), Winnie Winkle (Bicot), Felix the Cat d'Otto Messmer ou encore Betty Boop de Max Fleisher ... Ce n'est qu'en 1933 qu'est apparu le premier vrai comic book. Non plus un supplément de journal mais un fascicule, « Funnies on Parade », de 10 cents au format allongé 17,5 cm par 28 et une trentaine de pages. Mais l'Amérique en crise rêve d'êtres aux pouvoirs exceptionnels capables de la sauver. L'ère des Super-Héros commence. En mars 1937, Detective Comics lance son premier comic book ; le succès est modeste. Jusqu'alors l'édition de comics avait été une activité marginale, sans rendement, un hobby d'imprimeurs dont les artistes, issus du comic strip et du dessin animé, travaillaient comme intermédiaristes sur Betty Boop ou Popeye. Mais en juin 1938, un seul ouvrage, l'Action Comics N°1, tout en couleur, va transformer leur passion en une industrie éditoriale prospère.
Superman à la rescousse !
La raison du succès ? La première aventure d'un Kryptonien en collant bleu : Superman par Jerry Spiegel au scénario et Joe Schuster au dessin, refusée jusqu'alors par de nombreux éditeurs pour manque de... réalisme. Craintes sans fondement. Superman offre aux enfants de la Dépression optimisme, rêves romantiques, vérité, justice et une vision américaine du monde. Il est bientôt rejoint par Batman (dessiné par Bob Kane en mai 1939 dans le N°27 de Detective Comics), Sub-Mariner, Captain Marvel, Plastic Man, Wonder Woman (imaginée par le psychologue William Marston) et bien d'autres. Tous dotés de pouvoirs extraordinaires, d'une vie secrète difficile à gérer et d'un costume... pittoresque. La figure mythique de la bande dessinée américaine s'installe pour de nombreuses années sous l'égide de deux principaux éditeurs : Marvel Comics et DC Comics. Dès les débuts de la Seconde Guerre mondiale, en septembre 1939, Allemagne et Japon sont identifiés comme les puissances du mal dans ces BD et cela bien avant décembre 1941. L'Amérique a, de nouveau, besoin d'un super-héros national capable de soutenir son moral et d'incarner sa fierté combative. Ce sera l'oncle Sam, emprunté aux caricatures politiques, puis Captain America et son assistant Bucky, création de Joe Simon et de Jack Kirby, qui fit ses débuts dans Captain America Comics (N°1) bientôt rejoints dans l'effort de guerre par Minute Man, Pat Patriot, Major Victory et the Shield.
«Violence, perversion sexuelle et irrespect à l'égard de la Loi et de l'Ordre»
Mais les années 50 s’annoncent et avec elles l'essoufflement. Les Super-Héros sont supplantés par l'horreur ou la « romance ». Ils sont attaqués de plein fouet. On les soupçonne de favoriser la criminalité juvénile. Selon le maire de New-York, en 1954, ils diffusent : « la luxure, la violence, la perversion sexuelle et l'irrespect à l'égard de la Loi et de l'Ordre ». Cette véritable chasse aux sorcières aboutira à l'instauration d'une Comics Code Authority, équivalent du Code Hays au cinéma, un sceau, apposé sur la couverture des magazines, indispensable à la distribution. Une contrainte qui va stimuler la créativité des dessinateurs. Les lecteurs, ne trouvant plus de vampires ni de loups-garous ou d’extraterrestres assoiffés de sang, se sont tournés vers d'autres genres obligeant les éditeurs à une mutation profonde.
Nouvelles contraintes, nouveaux concepts
Stan Lee au scénario et Jack Kirby au dessin vont répondre à cette attente en imaginant des Super-Héros plus humains, capables de souffrir, de douter voir de trahir... Tous édités par Marvel. Août 1961, quatre personnages atypiques font leur apparition : The Thing, le monstre de pierre, Human Torch, la charmante Invisible Girl et Mister Fantastic, le génie élastique ... Les Fantastic Four étaient nés « et le monde ne devait jamais plus être le même » (Stan Lee). Le succès de ces 4 Fantastiques entraînera une foule de nouvelles créations toujours plébiscitées : The Avengers, The Incredible Hulk transformé en monstre vert après avoir absorbé des rayons gamma, The Uncanny X-Men et surtout The Amazing Spider-Man dessiné dès le premier épisode par Steve Ditko (juin 1962), héros incompris et fragile et être ambigu digérant mal son statut ; une caractéristique accentuée par le style graphique tout en finesse de l'artiste. En juillet 1963, la création des X-MEN passe presque inaperçue. Pas pour très longtemps : jusqu'alors les Super-Héros combattaient des savants fous, des monstres et autres vilains, les X-Men introduisent un concept original ; celui des mutants, persécutés par l'humanité, déchirés entre la tentation de se venger et le devoir d'arrêter ceux qui céderaient à cette tentation.
La fin de l’innocence
En 1971, le Code est assoupli. Mais, en pleine désillusion du Viêt-Nam, les Super-Héros connaissent une brusque chute de popularité. Le monde naïf et manichéen de Marvel Comics, ses sempiternels happy-end se heurtent au tragique de la guerre. En juin 1973, une révolution s’opère : la fiancée de Spider-Man, Gwen Stacy est assassinée sous les yeux du héros par son vieil ennemi le Green Goblin (Bouffon Vert). C’est la fin de l’innocence, les héros fatigués entrent douloureusement dans l’âge adulte. Plus sombres, plus désenchantées, leurs aventures vont regagner le cœur d’un lectorat qui les avait délaissées pour les comics d’horreur et se revitaliser grâce au cinéma.
Les éditeurs français
Parallèlement, en France, les bandes dessinées Comics sont publiées à partir de 1969 par LUG, longtemps resté le leader. Il fut célèbre notamment pour son titre «Strange», qui n'existe plus. Il présentait des «pockets» rassemblant plusieurs aventures de héros différents. Son courrier des lecteurs est resté fameux pour son interactivité. En janvier 1989, tous les titres LUG furent vendus à Semic, un groupe international qui les édita sous le nom de Semic France quasiment sans concurrence. En décembre 1996, à la stupéfaction de nombreux lecteurs, Semic arrêta toutes les traductions Marvel, y compris «Strange» qui paraissait depuis 26 ans et affichait encore un tirage de 70.000 exemplaires en 1994 ! Marvel venait de céder tous les droits de traduction pour la France à sa filiale Panini qui publie désormais ses titres sous le nom Marvel France.
Supports plus luxueux
Dès 1970 s’impose également Artima devenu Aredit. Contrairement aux éditions LUG à la même époque, Aredit privilégie des albums plus luxueux et plus chers rassemblant sous le label « Pour Adultes » plusieurs histoires du même personnage notamment Conan le Barbare. Récentes, diffusées par Glénat, les éditions Comics USA. Exclusivement vendues en grandes surfaces et non périodiques, ces parutions très luxueuses sont considérées comme le nec plus ultra des comics. Elles rassemblent en effet plusieurs histoires en un même album de sorte à former une histoire complète sélectionnée parmi les meilleures. Ex : Spider Man, Ramenez-moi le bouffon vert, La mort du chasseur (3 tomes : Le Bourreau et le Cercueil, Mort et résurrection, Tonnerre et Amour) ou Silver Surfer, l'origine.
Sandrine Sénéchal Article extrait du Chineur n°63 - de janvier 2003
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