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Aucun suspens : le roman policier
est un best-seller !


Il est né juste avant l’avènement de l’ère industrielle et c’était les lettrés qui avaient sa faveur. Le roman policier est arrivé en France en 1852, mais n’est devenu populaire, lu dans les gares et acheté dans les tabacs avec ses cigarettes et le journal, qu’à la toute fin du XIXe siècle. Les gros faits divers, comme Jack L’Eventreur, repris par les écrivains, lui confirme son audience auprès du peuple. Acheté et consommé comme des petits pains, le polar fait le plein. Et ce n’est pas encore aujourd’hui que ses tirages risquent de baisser!


Ne manquez pas : Jacques Dugrand : emballé par les policiers!

Apparition d’un nouveau genre littéraire
Sherlock Holmes et les fins limiers
Un style de roman né de l’ère industrielle
En vente dans les gares et les tabacs !
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"Arsène Lupin, L'aiguille creuse" de Maurice Leblanc. Editions Pierre Lafitte.





"Le parfum de la dame en noir" 1er partie, Le fantôme vivant de Gaston Leroux. Collection de romans d'aventures. Editions Le Point d'Interrogation.









"Des clientes pour la morgue" du commissaire San Antonio. Editions Fleuve noir.








"Rien dans les manches" de W.R. Burnett. Collection série noire. Editions Gallimard




Apparition d’un nouveau genre littéraire

C’est grâce à la traduction d’une oeuvre d’Edgard Poe « Le double assassinat de la rue Morgue », parue aux Etats-Unis en 1841, qu’apparaît vers 1852 le premier roman policier en France. L’édition française du roman est traduite par Baudelaire. En 1866, s’inspirant avec brio des « Histoires extraordinaires » du même Edgar Poe, Emile Gaboriau va écrire « L’affaire Lerouge », prototype du roman policier à énigme, qui va connaître un succès considérable.


Sherlock Holmes et les fins limiers

Maître de l’angoisse, mais associant son lecteur à une enquête menée selon les plus classiques procédés judiciaires, il élucide une affaire mystérieuse avec un grand souci de précisions techniques. Dans « Le crime d’Orcival » et « Le dossier 113 », parus en 1867, apparaît le type du « fin limier », le policier Lecoq, qui procède par observation et raisonnement, suivant la formule que va illustrer Conan Doyle avec Sherlock Holmes... C’est l’époque où les gens lettrés se passionnent pour ce type de romans. Le genre policier et les collections estampillées « roman policier » vont apparaître plus tard, au début des années 1900; période où se développent les couvertures illustrées en couleur.


Un style de roman né de l’ère industrielle

« Les pays les plus productifs à cette époque sont les États-Unis, l’Angleterre, la France pour des raisons sociologiques et économiques, signale Jacques Dugrand, libraire à Villeurbanne et collectionneur de romans policiers. C’est l’ère de la révolution industrielle, étroitement liée à la naissance de la presse quotidienne, qui exploite à fond les faits divers de société. A partir de cette époque, cette littérature se développe. Elle marque la naissance d’un genre policier et populaire ». L’action de ces romans se situe généralement dans les cités urbaines en pleine expansion, des lieux de « brassages humains » lieu d’inspiration pour écrivain. Une imagination qui prend sa source souvent dans la réalité : beaucoup d’ouvrages sortiront à cette époque à la suite d’un fait divers retentissant comme les crimes de Jack L’Eventreur en 1888. « Ce genre se diffuse sous le nom de « roman de détection » ou « meurtres en chambre close » situés dans les milieux bourgeois » note Jacques Dugrand.


En vente dans les gares et les tabacs !

La fabrication des livres policiers prend très vite des proportions industrielles. « On réalise des tirages beaucoup plus importants qu’aujourd’hui, commente le libraire, car les réimpressions sont rares. Les San Antonio s’éditent à 50 000 exemplaires et en 1960, les Editions du Fleuve noir, spécialisées dans le roman policier, tirent à 100 000 exemplaires. Quarante romans policiers sortent par mois. La demande est énorme ». On trouve les romans policiers chez les libraires en premier lieu, mais également dans les tabacs, les gares dès les années 20 et chez les marchands de journaux. Devenu « polar » cette littérature, élitiste à son origine, est devenue populaire au fil du temps et doit pouvoir se trouver facilement, dans les lieux quotidiens où vit ce nouveau type de lecteurs...


Dominique Jacquemin
Chineur n°66 – Avril 2003




 
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