Coquetier « Slag », réalisé en chutes de verres - fin XIXe
Pour enfant, sans pied avec soucoupe intégrée – 1960
Coquetier Art déco
Pâte de verre émaillée Gallé. Nancy – 1900
Verre moulé, coloré
Verre soufflé, Napoléon III
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4000 coquetiers !
Il en possède 4 000. Des coquetiers, emballés dans des caisses elles-mêmes étiquetées et rangées de la réserve au cellier d’une vaste maison. « Il m’envahit, sourit, résignée, l’épouse d’Alain Desgranges, et je continue de me pousser pour lui faire de la place ». Depuis 30 ans, cet Etampois, à la retraite, est totalement investi par sa passion. « Mon intérêt pour les coquetiers est accidentel, raconte t-il. J’étais collectionneur de phonographes mais, devant un manque d’espace et la raréfaction des pièces, j’ai peu à peu abandonné cette collection. Pour tout dire, j’avais incité mon épouse à collectionner les coquetiers en pensant détourner son attention de mes phonographes de plus en plus chers! ».
L’arroseur arrosé
Le subterfuge ne fonctionne pas vraiment. « C’est finalement moi qui me suis pris de passion pour eux » Au début, Alain achète tout ce qu’il trouve. « Le nombre de coquetiers est tel que qu’il y a toujours moyen d’en trouver un que l’on a pas, pour une somme assez modique ». Mais il le regrette. « Je recommande de ne pas faire comme moi, qui n’ai pas eu ce courage. Dès le départ, il faut choisir un thème : une forme, une fabrique, une matière, une région, un décor, une époque…Tenez-vous en et ne vous dispersez pas! »
L’intérêt d’une collection : connaître l’histoire de ses pièces
Toutes les pièces de ce joli patrimoine sont différentes et en parfait état. Ces caractéristiques de sa collection sont pour Alain Degranges essentielles : « Je veux montrer ce qui existe, pas accumuler ». Pour réussir cette diversité, Alain a arpenté brocantes, foires, puces et magasins d’antiquités, mais aussi visité grand nombre de fabriques et de musées. « Il faut consulter une énorme documentation pour identifier les coquetiers. Car l’un des principaux intérêts de la collection consiste à connaître chaque unité en retrouvant son origine, l’époque de sa fabrication, l’histoire de ces producteurs et replacer chacun dans son contexte général. Cela implique d’en voir beaucoup et c’est passionnant! ».
Quelques exemples
Des plus rares, un fragile coquetier en verre du XVIIIe siècle, un service de coquetiers fait par Mayard en 1930 pour la faïencerie de Quimper, au plus ancien, en porcelaine de Paris de 1750, aux plus originaux, un « Dagoty »(sculpteur du début XIXe) en biscuit à l’intérieur vernissé ou un « Vienne » de 1850 ou encore un coquetier sur pied fabriqué en 1850 au Japon, pour les Japonais, dans un four Arita, dont il n’existe que 2 ou 3 exemplaires en Europe, en passant par un coquetier daté fin XIXe du mess des officiers du Tsar, le collectionneur ne sait plus que montrer!
Coquetiers anciens... et d’artistes contemporains
Si la plus grande partie de la collection d’Alain est constituée de coquetiers du XVIIIe siècle, et d’une grande majorité de pièces du XIXe et du XXe siècle, il n’a pas voulu se limiter à ce seul aspect. « J’ai aussi des coquetiers contemporains créés par de grands designers : Olivier Gagnère, Yvan Kœnig, Lalanne, Emmanuel de Ressegnier, ainsi que des créations de potiers moins connus mais tout aussi talentueux »...
Un plaisir partagé
Mais le plaisir ne serait pas total si Alain Degranges ne pouvait pas faire profiter la collectivité de ses trésors. Il en expose donc régulièrement pour le compte de L’AFCOC (association française de collectionneurs de coquetiers) dont il est adhérent et prépare pour avril 2004 une exposition de 1 500 coquetiers avec la mairie de Marseille.
Dominique Jacquemin Chineur n°64 – Fevrier 2003
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