Moulin de 1948 © Musée Le Secq des Tournelles
Moulin à trémie intégrée, incrusté de dominos en ivoire (1950)
Peugeot & Cie, moulin à console (1915)
Peugeot Frères, Belges à colonnes (1930-1935)
Peugeot & Cie, moulin de comptoir, corps et trémie en fonte, calotte bronzée, trémie polie (1926-1930)
Peugeeot Frères
Peugeeot Frères modèle loqué imitation bois (1876-1926)
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Cette boisson fut ainsi appelée "kawa" en souvenir d'un roi persan qui avait su se libérer de la pesanteur pour s'élever dans les airs sur un char ailé. Mais il s'agissait là que d'une décoction peu agréable à ingurgiter. Restait à inventer la torréfaction. Chose faite par deux moines, qui, un après-midi pluvieux, déposèrent près d'une cheminée leur cueillette humide... et l'oublièrent. Historiquement, le berceau du café se situe près du Lac Victoria et il est probable que les Ethiopiens en consomment depuis toujours. En Arabie, le café passe par la Mecque; où se créent les premiers débits où les pèlerins se rencontrent pour discuter.
Marseille, premier port à introduire le café en France
Puis la boisson franchit la frontière turque et arrive à Constantinople où le café devient la boisson nationale pour ensuite partir à la conquête de l'Europe. Vers 1615, les navires de la flotte vénitienne amènent un premier lot de café à Venise. La consommation s'étend alors à toute l'Italie, l'Allemagne, l'Angleterre et la France. En 1644, Jean de Laroque introduit le café à Marseille. Il faudra attendre 1669 pour qu' apparaisse le premier débit de café. C'est un Arménien, Pasquali Haroukian, qui l'ouvre à Marseille, près de la Loge.
Paris pris dans la mode du café
A Paris, Pasquali, dit Pascal, en ouvre un autre à la Foire de Saint Germain, puis rue de Tournon, à Paris. Après sa faillite, son associé, Francesco Proccopio dei Cortelli, ouvre en 1684, rue des Fossés Saint Germain, un établissement luxueux, aux nombreux miroirs et tableaux, qui existe toujours : le "Café Procope". La consommation de café gagne ensuite les foyers. La mode est lancée, mais on le consomme à la Turque, en faisant bouillir l'eau et le café. En 1710, un Français eut l'idée de les séparer en plaçant le café dans un petit sac. Le "jus de chaussette" était né....
Et ainsi naquit le moulin...
Lorsqu' au XVIIe siècle le café gagne l'Occident, l'utilisation des épices est déjà fort ancienne, même si elle n'est réservée qu'à une petite part de la population. Au Moyen-âge, un proverbe disait "cher comme du poivre" et ses grains jouaient parfois un rôle d'échange au même titre que les métaux précieux. Possédées en petites quantités, les épices étaient consommées, concassées ou broyées lorsque nécessaire. Dès l'Antiquité, l'homme inventa donc le mortier et le pilon, instruments fidèles des apothicaires, et par la suite, le moulin d'une technologie plus avancée.
Intérêt … suivi d’un moulin adapté au café
Mais ce moulin était inadapté au café, non seulement par sa taille, mais encore par sa fragilité, incompatible avec les secousses d'un broyage fréquent ; sans oublier qu'il dénaturait sans doute le goût de la graine... Un moulin spécifique est créé, plus grand mais pas encore de la taille actuelle. Sous Louis XIV, en fer, il devient cubique, et on le visse sur un coin de table pour en actionner plus aisément la manivelle. C'est à partir du règne de Louis XV que se créent les formes que nous connaissons. En effet, au cours du XVIIIe siècle, se redessine peu à peu le moulin.
Du moulin en or de Mme de Pompadour…
Partout, en Europe, les artisans rivalisent d'adresse et d'invention. C'est le temps, où, selon la légende, Mme de Pompadour commande à un orfèvre "un moulin à café ciselé, en or de couleur, représentant des branches de caféier". Le temps également, où, en Hollande, on modèle le cuivre pour le marier aux bois sombres des moulins, car on a découvert les vertus du bois : en s'imprégnant peu à peu de l'arôme du café moulu, il le bonifie au fil du temps. Le café se démocratisant, il devient l'indispensable ustensile de chaque foyer...
…aux célèbres moulins Peugeot
Au XIXe siècle, souvent taillé dans le chêne ou le merisier, il grandit : plus question désormais de l'utiliser comme par le passé en le tenant d'une main et en tournant la manivelle de l'autre. On serre l'embase de ces nouveaux moulins entre ses cuisses dans un geste dont se souviennent tous ceux qui sont nés avant 1950. Le moulin est devenu un objet très courant, et l'industrie ne va guère tarder à s'y intéresser. En 1850 apparaît le fameux moulin Peugeot, diffusé pendant un bon demi-siècle à des millions d'exemplaires. A partir de cette époque, il ne reste plus qu'à inventer le moulin mural, chose faite au lendemain de la Première Guerre mondiale, puis le moulin électrique...
Domique Jacquemin Sources : Pierre Jeambrun, collectionneur Chineur n°48 – Octobre 2001
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