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Et l'homme créa l'Automate...
Déjà du temps de la Grèce Antique, Eron d’Alexandrie avait mis au point une horloge à eau mue par la pression hydraulique. Ce système animait les statues. Les dieux bougeaient les bras, les jambes et la tête ! Les premiers Jacquemart au XIIIe siècle, “sonnent” sur les beffrois italiens, ou à Strasbourg, Cambrai ou Dijon, le début des horloges monumentales à automates. Aujourd’hui, il faut distinguer trois grandes familles : les androïdes, les jouets et montres, et les oiseaux-chanteurs.
Les androïdes Jouets et montres Les oiseaux-chanteurs : une race à part En porcelaine ou en carton…
Copyright M. Lubrano
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Les androïdes
A la fin du XVIIIe siècle, les androïdes étaient fabriqués par de grands horlogers, comme le constructeur Jacquet-Droz, et ils reproduisent les gestes humains. Pour l'homme, ils sont des miroirs qui les font rêver, leur donne la sensation d'égaler Dieu. Mais cette curiosité de salon revient très chère et seuls les princes peuvent se les procurer.
Jouets et montres
Au milieu du XIXe siècle, survient une deuxième vague de constructeurs qui donne vie à des automates très beaux, à usage personnel, qui cette fois ne mime pas le geste humain, mais le simule, avec une boîte à musique dans le coffre. Suivent des jouets, automates de belle qualité, destinés aux enfants, plus limités dans leur gestes. En général, les automates mesurent entre 50 et 80 cm -on les appelle des automates de table- mais ils peuvent atteindre 1m 50... Les montres à automate sont particulières, et très intéressantes. Elles arrivent à la fin du XVIIIe siècle avec la miniaturisation. On trouve des montres à Jacquemart, avec des personnages qui sonnent ou tapent sur une cloche en se faisant vis-à-vis; des montres à gousset fabriquées en Suisse, serties de métaux précieux, perles et diamants, au cadran émaillé, avec des scènes d'intérieur bourgeois, ainsi une femme qui balance un berceau avec un bébé dedans. Tous ces automates, comme les plus grands, sont musicaux.
Les oiseaux-chanteurs : une race à part
La grande famille des oiseaux chanteurs est particulière. A la fin du XVIIIe siècle, des merveilles musicales voient le jour; notamment des oiseaux à chant naturel conçus et réalisés par Jacquet Droz, fils d'une famille d'horlogers. Des pistons coulissants dans une soupape à air, produisent les sons selon le système du sifflet ou des tuyaux d'orgues. Le passage de l'air est commandé par des soupapes garnies de peaux. Le mouvement musical est obtenu par une manivelle tournée à la main. Ce système de tuyau sonore unique remplace tout un jeu d'orgue ou de flûte. Ce mécanisme sonore permet d'imiter les chants d'oiseaux les plus variés. Ce fut pendant longtemps une des occupations favorites des dames de "seriner" à longueur de journée en tournant la manivelle... Au XIXe siècle, le soufflet donne le son du sifflet du volatile. Les derniers oiseaux chanteurs voient le jour jusqu'au milieu du XXe siècle.
En porcelaine ou en carton…
La fabrication est essentiellement française ou suisse. Ces deux pays ont une très bonne base horlogère et une sensibilité artistique qui ne se retrouve pas ailleurs. En France, c'est d'ailleurs surtout la région parisienne qui attire les horlogers créateurs d'automates. Au XVIIIe siècle et au début du XIXe, les têtes et les mains sont en porcelaine. Pendant longtemps le corps a rarement été complet; des tiges d'acier composait la structure, recouverte du costume qui donnait le volume. Au XIXe siècle, les têtes pouvaient être en composition (une sorte de carton bouilli) ainsi que parfois les corps, plus rarement en bois. On les décorait en les peignant pour leur donner un éclat de vie.
Dominique Jacquemin Article extrait du Chineur n°41 - Mars 2001
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