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Mystérieux objets de magie...
Un homme en frac qui déroule de son chapeau des mètres de soieries... Qui n’a pas rêvé devant un tour d’illusionniste ? La magie ne cesse de nous fasciner ; elle détient un patrimoine secret à la richesse méconnue. Instruments anciens, objets de physique amusante ou affiches vous feront plonger dans l’histoire de cet art.
Jean-Eugène Robert-Houdin Illusions d'optiques, petits objets et boîtes
Objets d’illusion Boîtes de physique amusante Chromolithographies… Mais aussi passe-partout… <- CORP TEXTE DE VOTRE ARTICLE ->
L’illusionniste Murray dans son numéro de lévitation. Photo de spectacle. Circa 1925. A partir de 50 €
«The Faks Hong»/ Numéro d’illusion le plus grand du monde , 1901 anonyme (France). A partir de 100 €
Boîte de physique amusante (France, 1850) avec accessoires en buis tourné. Collection Joel B. Miller. A partir de 600 €
«La science amusante» par Tom Tit. 1ère série, Larousse 180, 2ème série, Larousse 1892. A partir de 120 € le volume
Passe-partout, lithographie de Finot, imprimerie Choppy, Paris. A partir de 170 €
Le petit magicien et ses accessoires. Extrait d’un catalogue d’étrennes . fin XIXème. A partir de 20 €
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La magie médiévale est un art populaire, de foire. L’escamoteur (du nom grec celui qui cache le caillou) est toléré, persécuté voire même brûlé en place publique pour sorcellerie. A défaut d’être compris, ses pouvoirs sont redoutés car proches de l’Enfer. Accompagnant le progrès des sciences, l’illusionnisme se transforme aux lumières de la raison et se rapproche des expériences d’éducation amusante chères au XVIIIème siècle. Dans les salons de la bonne société, il gagne son statut de divertissement et devient prestidigitation. Le XIXe siècle sera son âge d’or, celui des hommes de spectacles qui vont trouver leur maître en la personne d’un savant, passionné par les phénomènes électriques et... illusionniste de génie : Jean-Eugène Robert-Houdin (1805-1871).
Jean-Eugène Robert-Houdin
Cet horloger ouvre son propre théâtre au Palais-Royal; celui des Soirées-Fantastiques. Il modernise la mise en scène des tours en délaissant les effets «diaboliques» pour se présenter dans la modernité d’un simple frac. Mais surtout il subjugue les foules d’Europe car il imagine la plupart des illusions scéniques, encore visibles aujourd’hui, avant de se retirer au faîte de sa gloire pour se consacrer à ses découvertes scientifiques (périscope, alarme incendie, interrupteur de courant). Robert-Houdin restera considéré comme «le père de la magie moderne» et influencera toute une pléiade d'artistes dont le fameux Harry Houdini (1874-1926) !
Illusions d'optiques, petits objets et boîtes
Pour le chineur qui souhaite débuter dans cet univers d’initiés, trois grandes familles d’objets se distinguent : - Ceux de l’illusion optique comme les théâtres d’ombres chinoises en «planches à découper» popularisés par Léon Saussine, « fabricant de jeux instructifs et de société en cartonnage » (modèles de 1880-1900, généralement marqués "L.S. édit. Paris") et Mauclair et Dacier (1891-1913), « éditeur et fabricant de jeux de société, jeux scientifiques et instructifs ». Vous pourrez également dénicher des livres ou des gravures sur l'ombromanie ou l'art de faire des ombres uniquement avec ses mains. Au XIXème siècle, le fameux ombromane Félicien Trewey remplit le théâtre de l'Alcazar et attira le tout Paris pour un spectacle d’ombres avec lesquelles il caricaturait, entre autres, les célébrités de l'époque (Gambetta, Bismarck, Thiers, Emile Zola, etc.). - Ceux de la manipulation, où tout repose sur l'habileté de l'exécutant, lequel n'utilise que des objets courants. Gobelets d’escamoteur en cuivre avec muscades en liège (à partir de 50 euros) ; cartes à jouer, dés... Ce sont des «appareils». - Ceux de l'illusion. C’est le «fake» mot d'origine anglaise qui désigne un objet truqué que le public peut voir, mais dont il ignore l'utilisation.
Objets d’illusion
Vers 1900, un célèbre marchand de trucs français Caroly (Jean-Auguste Faugeras, 1868-1955) propose – entre autres - à son catalogue un récipient à floraison instantanée ou jeux de boîte à graines: une coupe en tôle est remplie de terre et de graines. Si on la recouvre avec son couvercle, les fleurs apparaissent ! L’amateur y trouve également un gobelet ramasse-tout en laiton, peint en rouge au vernis à l'alcool. Ce gobelet pouvait être posé sur n’importe quel objet et le faire disparaître instantanément tout en le transformant en graines de millet. Comment ne pas citer également : le tube à apparition de liquide, la casserole aux tourterelles, les bouteilles passe-passe, la corne d'abondance, le coffret à l'oiseau etc. La plupart sont en cuivre ou en laiton, bruts, peint ou vernis voire chromés pour les plus luxueux. Dickmann Minalono (1870-1947) dans les années 30’ puis Guy Bert dans les années 40’ sont parmi les marques d’instruments pour la prestidigitation les plus recherchées.
Boîtes de physique amusante
Les boîtes de physique amusante du milieu du XIXe siècle ont l’avantage de regrouper ces deux familles d’objets : il s’agit de coffrets de jeux, qui permettaient aux enfants et aux amateurs, de reproduire les fameux tours des grands magiciens. On y trouve du buis tourné (coquetiers ou quilles truqués), muscades en liège ou en drap, différents accessoires en laiton nickelé ou en tôle peinte souvent recouverts du fameux vernis Martin. Vers 1730, les quatre frères Martin mirent au point un vernis destiné à concurrencer les laques de Chine et du Japon. Des feuilles de papier collées sur les objets sont passées au four afin d'être durcies, puis peintes et vernies à la résine et enfin glacées à la gomme arabique. Le nom "Vernis Martin" fut attribué aux laques et vernis imitant ceux d'Extrême-Orient. Ces substituts étaient également nommés "vernis parisien" ou "vernis de Paris".A la première moitié du XIXe siècle, une boîte de physique classique contenait : Le Jean de la Vigne avec sa robe, une bourse à secret, des boîtes jumelles, les piliers de Salomon, un baril au millet, un baril à plaque, un coquetier aux œufs, un chapelet de ma grand-mère, un boisseau au millet, la muscade hollandaise, des gobelets, une baguette magique, des muscades en liège, des balles en drap. Le tout accompagné d’une notice explicative dans une boîte en bois dont le couvercle était généralement orné d'une lithographie en couleur.
Chromolithographies...
Très en vogue à la fin du XIXième siècle, les chromolithographies enfantines disparurent après la Seconde-Guerre mondiale. Des séries complètes comme celle de la firme Liebig se sont souvent inspirées des problèmes de physique amusante popularisés par Tom Tit ou des scènes de lanternes magiques. Certaines de ces chromos ajourées rehaussées d’or peuvent atteindre les 60 euros .Mais la fin du XIXème siècle et surtout le début du XXème annonce le règne de l’affiche lithographique. Le monde de l’illusion ne pouvait ignorer ce fabuleux moyen de faire connaître les spectacles de magie. Avant 1875, on parle d’affichettes composées de textes parfois ornés d’une gravure sommaire. Après 1875 et jusqu’à l’entre-deux guerre, des imprimeurs comme Charles Lévy, Emile Lévy ou Chaix rivalisent de talent pour mettre en valeur les artistes et leurs numéros les plus spectaculaires.
Mais aussi passe-partout…
Vous croiserez également de nombreux «Passe-partout» : des affiches standards évoquant des scènes de prestidigitation, sur lesquelles il suffisait de rajouter une photographie et un bandeau avec le nom de l'artiste, la date et le lieu du spectacle dans un lettrage soigné (à partir de 70 euros). Certains imprimeurs se spécialisèrent même dans ce type d’affiches. Ainsi, le catalogue Weiner à Vienne comportait plus de 1000 modèles ! L’imagerie est célèbre, le discours presque standardisé ce qui en fait tout le charme, tout le pouvoir d’évocation. Dans cet univers très coloré, le diable est omniprésent, on multiplie les scènes impressionnantes de lévitation ou de décapitation et le magicien, imperturbable au milieu des flammes fait surgir fleurs, soieries et autres cartes à jouer. Le spectateur est prévenu ; il verra ce soir le mystérieux, le légendaire, le formidable, l’unique...
Sandrine Sénéchal Chineur n°65 – Mars 2003 |
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