Oeuf d'autruche peint et gravé
Oeufs réalisés en bois (poirier) et peints représentant des icônes russes.
Oeuf sculpté en pierre
|
Il y a onze ans, Sylvain Dedeire a découvert les œufs décorés au cours d’une exposition et depuis, il court les salons à la recherche de belles pièces pour lesquelles il ressent un coup de cœur. Aujourd’hui à la tête de soixante-cinq œufs décorés, le collectionneur n’a pas de mal à nourrir sa passion : les artistes qui les fabriquent sont de plus en plus nombreux chaque année, qu’ils soient européens, issus des pays de l’Est, d’Asie ou des Etats-Unis …
Radiologue de quarante-trois ans, vredois d’adoption par son épouse, père de quatre enfants, amateur de golf, musicien le week-end (il joue du trombone), rotarien à la source d’un échange avec le Québec, Sylvain Dedeire est un homme très occupé. Pourtant dans cet emploi surchargé, il trouve encore le temps de collectionner des œufs décorés et de présider l’association culturelle et de loisirs de Vred, petite ville du Nord de la France, où se déroule depuis treize ans le salon des œufs décorés. C’est en visitant cette exposition deux ans après sa première édition, que le déclic se fait : «Ma femme a ramené à la maison une poule avec des œufs en bois peints en rouge, traditionnels en Pologne, qui a beaucoup plu à toute la famille. Dès ce jour, nous avons cherché d’autres œufs décorés»… A la tête de soixante-cinq pièces onze années plus tard, Sylvain Dedeire ne fonctionne que par coups de cœur : «je n’ai pas de parti pris, je pars en quête du bel objet, de ce qu’il symbolise, pas de sa rareté. Je n’aime pas les œufs Fabergé par exemple. Je préfère les œufs décorés à la manière des icônes russes, qui sont de petites merveilles. C’est difficile à peindre un œuf, la forme ovoïde ne s’y prête pas».
«De plus en plus d’artistes décorent des oeufs»
Fasciné, le collectionneur n’a pas vraiment de mal à nourrir sa passion : «Les œufs anciens, les plus précieux, sont tous dans des collections particulières, en Russie, aux Etats-Unis, en Europe ou dans des musées. Mais de plus en plus d’artistes décorent des œufs, l’engouement est phénoménal. Dans les pays de l’Est bien sûr, mais aussi en Amérique, en Europe, ils sont entre cinq cents et six cents à créer. Et les collectionneurs ne sont pas moins nombreux : des centaines en France. L’œuf intrigue depuis la nuit des temps, il reste un mystère : qui y a-t-il à l’intérieur, sous la coquille ?»… Même s’il n’existe pas de cote officielle (voir «cote et décote»), le prix de l’œuf décoré n’est pas accessible à tous et il grimpe un peu plus chaque année : car chaque pièce est unique et bien souvent travaillée avec précision, brodée, incrustée de dentelles, sculptée, émaillée, gravée ou ciselée à la fraise de dentiste comme le fait Van Krach, cette artiste française la plus recherchée actuellement qui met ses œuvres en vente jusqu’à 3.000 euros ! Dans le meuble vitré de la maison où Sylvain Dedeire expose sa collection, les pièces commencent à quinze euros et ne dépassent jamais les 1.000 euros pour les plus remarquables. A raison de deux œufs par an, moyenne d’achat des collectionneurs et au regard de la productivité des artistes, une autre vitrine sera bientôt nécessaire…
Article Le Chineur - Avril 04
|